lundi 4 décembre 2017

Bonjour Monsieur Hiver

Acrylique

Bonjour Monsieur l'Hiver

Hé bonjour Monsieur l'Hiver
Ça faisait longtemps…
Bienvenue sur notre terre
Magicien tout blanc. 

Les montagnes l’espéraient
Les sapins pleuraient
Les marmottes s’indignaient
Reviendra-t-il  jamais ?

Mes patins s’ennuyaient
Mes petits skis aussi
On était tous inquiets
Reviendra-t-il jamais ?

Hé bonjour Monsieur l'Hiver
Ça faisait longtemps…
Bienvenue sur notre terre
Magicien tout blanc.

Patric Bousquet

jeudi 23 novembre 2017

Le Miroir

Pastel

Le Miroir

Cette jeune femme tout de blanc vêtue,
Coiffure haute et taille fine,
Qui sort de l’église au bras de son élu,
Elle est amoureuse et se fout des rides.

Là-bas dans le parc, avec deux jeunes enfants,
Souriante, enjouée, l’air d’une gamine,
Peut-elle imaginer en ce moment
Qu’un jour, elle aura des rides.

Travaillant sans relâche du matin au soir,
Pour le bien-être de sa famille,
C’est sans trop s’en apercevoir
Qu’insidieusement se sont installées les rides.

Est-ce bien la même femme devant son miroir,
Légèrement enrobée, les cheveux blanchis ?
C’est une femme heureuse, remplie d’espoir,
Une grand-mère ridée, mais qui aime la vie.

mardi 17 octobre 2017

Vent d'automne

Acrylique

Vent d'automne

Une feuille est tombée sur mon livre
Mon livre rempli de feuilles
Feuilles blanches parsemées de mots
Mots qui font vibrer mon cœur
Mon cœur aguerri par les années
Les années qui filent sans cesse
Et sans cesse tombent les feuilles
Feuilles séchées par le vent emportées
Vent d’automne qui chasse l’été
L’été et ses beaux jours perdus
Perdus comme ma jeunesse.

mercredi 27 septembre 2017

Fillette à la fleur

Acrylique

Fillette à la fleur

Lorsqu'elle arrivera
Le jardin ne sera pas en fleurs
Peut-être qu'une petite neige tombera
Pour l'accueillir en douceur

Sous le signe du sagittaire
Optimiste elle sera
Pour la sixième fois grand-mère
Sera dans tous ses états.

jeudi 14 septembre 2017

Cap au Diable

Pastel

Cap au Diable

Témoin de centaines d’années d’histoire,
Spectateur impuissant durant la conquête
Qui embrasa plusieurs villages de son territoire,
Il est là, imposant et hautain,
Le nez pointé vers le fleuve sans fin
Qui flaire les vents du nordet,
La marée haute baigne son pied
Basse elle le laisse triste et vaseux.

Son nom lui fut donné par Jacques Cartier
Le bruit du vent sur le cap effrayait ses marins
Qui craignaient la fureur des démons.

C’est par une pente à pic qu’on l’escalade
Sillonné de petits sentiers piétinés par l’homme,
Fier de sa liberté, fier des sapins qui le gardent au frais l’été,
De son sommet la vue sur le fleuve est magnifique
Et nous permet d’assister au grand spectacle du coucher du soleil.

Assistant impassible de toute une lignée de pêcheurs d’anguilles et de chasseurs de petits gibiers,
Il est l’orgueil de son comté.
Quand l’hiver le recouvre de son grand manteau blanc,
Tout Kamouraska frissonne pendant six mois.

lundi 3 juillet 2017

La boîte aux lettres

Acrylique

La boîte aux lettres

Jamais le facteur ne s’arrête
Sauf quelques fois pour un journal
À la hauteur de ce portail
Où s’accroche une boîte aux lettres.

Or, un matin, un samedi
La boîte s’ouvre sur un nid,
Sur le bec jaune des petits,
Sur l’entonnoir de leur gosier ;

Deux mésanges viennent d’écrire
Et c’est sur la pointe des pieds
Que le vieux couple pourra lire
Les sept lettres de son courrier.

Pierre Menanteau

vendredi 2 juin 2017

La vieille grange

Acrylique

La vieille grange

Accueillante est la grange aux rêveurs ! les vieux murs
Suintent d’anciens soleils qui lentement se fanent
Parmi le gerbier roux d’où leurs parfums s’émanent
Et meurent indécis au bleu des clairs-obscurs.

À pas de loup, craintifs, rôdent dans l’ombre floue,
Sur l’aire de velours des rayons émoussés ;
Et l’instant qu’on respire est déjà du passé
Qui coule en frissons doux , comme l’eau sous la roue.

Calme de la nuit pend au long des noirs chevrons,
Plane et trame sa paix, de cendres imprégnée,
À travers le vitrail des toiles d’araignée,
Dont un rais de soleil fait trembler les fleurons.

Marie Dauguet